Pensée morose

Pensée morose du jour.

Les échanges facebookiens étant très éphémères, j’ai eu envie de fixer celui là

Souvent, en parcourant les pages internet et/ou les messages facebook à propos des chiens, j’ai la triste impression ((pas toujours heureusement!) de voir un étalage de boites à sperme, ovules et médailles en chocolat, qui disparaitront du paysage dès qu’elles seront défectueuses ou périmées pour être remplacées par d’autres similaires soulevant les même compliments dithyrambiques, les mêmes « je suis trooop!!!!!!!! content(e) » .  Il y a une telle démesure entre ce que l’on exige de l’animal tant qu’il est exploitable pour notre égo ou notre porte monnaie et la façon kleenex de l’oublier dès qu’il ne nous valorise plus.

Si cet échange vous intéresse, plusieurs personnes ont répondu sur mon profil facebook (Plidusoleil Bernadette)  et je ne reporterai que les commentaires de deux personnes directement liées au vécu de mes léonbergs (avec leur autorisation) parce qu’elles me connaissent bien et pour ne pas mettre en porte à faux ou faire pression sur les autres.

Certains ont parlé de leur évolution au cours du temps, et je les rejoins, on ne voit pas ou n’agit pas de la même façon quand on prend de la maturité dans un domaine, chaque étape semble presque incontournable  …mais…. ont peut rester toujours jeune et nos évolutions sont tributaires de nos expériences et de nos désirs pas de ceux des autres.

D’autres points de vue ont été défendu et chaque intervention était intéressante même si très rapidement tout a tourné autour de l’humain  et non pas du canin comme l’a si bien résumé Dominique, (l’éleveuse de la maman de nos petites Muyres).

« En réalité si on relit bien les commentaires tout le monde semble étonnamment d’accord, et pourtant dans chacune des évocations faites ici sur les expos ( et autres activités humaines faites avec nos chiens), ce n’est pas le mal-être et/ou le bien-être des chiens qui est exprimé mais celui encore et toujours des humains. on se dit dégoûté des expos, on se dite détaché des expos, ou on se dit le plaisir de retrouver des amis, du bonheur de telle ou telle expo, ou du déplaisir de telle autre, expo ou concours de travail, ou éducation… Je ne vois personne ici, en dehors de toi Halphie….qui a écrit « oh oui mon chien ça l’emm.. (enquiquine sera plus joli) grave les expos ou les concours ou les séances d’éduc.. Ca le stresse… »….Chacun dit ce qu’il a envie de faire avec son chien. Mais qui dit ici ce que le chien a envie de faire avec nous???? Pourtant c’est bien une des premières raisons qui devrait apparaître et être dans la trajectoire directe de la préoccupation de Bernadette. Je pense vous avoir bien comprise Bernadette? »

En réponse aux pro ou anti expos, Patricia  (vous connaissez, elle a Judoc et Jivago) a développé elle aussi  une approche que je partage :

« La première fois que j’ai emmené mon mari dans une expo de léos c’était au Parc Floral à Paris. En fin de journée il m’a dit « plus jamais tu ne m’embarques dans un truc pareil !! » Il faut dire que c’était en intérieur donc les aboiements des chiens toute la journée dans les oreilles et beaucoup d’attente. J’ai malgré tout réussi à renouveler l’opération via Patricia Leyenberger à  la régionale d’élevage du léonberg à Suarce. C’était en extérieur et c’était l’occasion de découvrir l’Alsace qui est très jolie. Ca a été plus sympathique, plus agréable et pour moi l’occasion de prendre des photos sympas. Enfin la troisième et dernière c’était Cluny en 2014, parce que Cluny je tenais à le faire. Là nous avons croisé des amis et beaucoup de léos et forcément j’ai mitraillé ! Mais sincèrement, ce que je préfère par dessus tout ce sont nos ballades entre amis/famille avec nos doudous, et nos discussions autour d’un bon repas. J’aime mes chiens pour ce qu’ils m’apportent au quotidien, j’aime les vacances avec eux, les avoir autour de nous, leurs câlins, sourire et parfois rire aux éclats en les regardant vivre et accessoirement les mitrailler pour me garder des tonnes de doux souvenirs pour lorsqu’ils ne seront plus là « 

Voici la deuxième intervention que j’ai postée

Je vais essayer une autre formulation et surtout je précise qu’elle ne cible personne en particulier et qu’elle n’est pas spécifique au monde du léo (même si possédant des léonbergs, j’ai tendance à remplacer le mot chien par le mot léo) . C’est simplement une pensée d’ordre général.

Nous « possédons » des animaux et nous les « utilisons » en fonction de nos envies ou nos besoins, ils dépendent de nous pour leur survie. Si nous aimons sortir en exposition pour rencontrer des amis, échanger les derniers potins, voir des chiens bien présentés, avoir le frisson de la gagne etc… le chien devra suivre, qu’il aime ou qu’il n’aime pas. Si nous préférons avoir un chien de travail, un chien de famille, un chien de garde, un chien de campagne, un chien de compagnie, une éponge à sentiments, etc…. nous ne lui demandons pas son avis. Tant que la survie d’un animal dépendra de son asservissement à l’humain il en sera ainsi.

Ce qui me dérange, c’est le non retour d’ascenseur pour services rendus, l’animal kleenex que l’on jette, oublie, recycle dès qu’il n’assure plus (ou moins bien) la fonction qu’on lui a assigné.

Ce qui me dérange, c’est l’incapacité que nous avons, nous les humains, à assumer nos actes et à les parer de faux semblants pour qu’ils restent socialement présentables.

En complément, une émission sur Arte

Il est depuis quinze mille ans « le meilleur ami de l’homme ». Chasse, compagnie, assistance… : notre compagnonnage sans faille avec le chien, premier animal domestiqué au monde, est multiple. À tel point que nombre de chercheurs s’accordent à dire que ce descendant du loup, dont il existe 500 millions de spécimens et 335 races, et qui passe plus de temps avec nous qu’avec ses congénères, a dépassé le statut de simple animal. Que peut nous en dire la science ? Comment arrive-t-il à communiquer avec nous ? Est-il intelligent ?
De l’institut Max-Planck de Leipzig à la faculté d’éthologie de Budapest en passant par le Muséum national d’histoire naturelle de Paris, Sophie Massieu enquête sur l’extraordinaire empathie entre les hommes et les chiens, et sur les capacités d’adaptation particulières aux humains. Avec, au passage, d’étonnantes ou réjouissantes rencontres, comme celle des medical detection dogs anglais, entraînés à diagnostiquer certains cancers ou à veiller sur leurs maîtres diabétiques grâce à leur odorat ; ou de la chienne de berger Jess, qui, de sa propre initiative, a appris à donner le biberon aux agneaux nouveau-nés de son domaine.

Pour terminer sur une note positive :

un lien Facebook, par exemple, comme celui  de Laurence  dans

Elevage des léos de la plaine

https://www.facebook.com/media/set/?set=oa.958098964277666&type=1

pour montrer qu’il existe d’autres façons de se rencontrer en dehors des sempiternels expositions

 –

Pour voir l’article dans le journal du Pli du Soleil

Pensée morose

10 Responses

  1. Vivancos Aline

    je me souviens pour ma première leo j ai téléphone à monsieur Guilbert pour savoir quelle démarche je devais faire pour la dysplasie des hanches il m a posé une étrange question si ma chienne était C es ce que je ferais d elle cela m a profondément choqué et lui ai répondu que cela ne changerai rien et pourquoi me demandait il cela il m a répondu que certaines personnes abandonnaient leur chien c était en 1989 l état d esprit des gens ont peu change il y aura pour moi toujours des personnes qui prennent des animaux pour leur standing et pas pour l amour désintéressé que leur apporte leur animal
    Cordialement Aline

    • Bernadette

      C’est toujours d’actualité mais à la dysplasie s’ajoute maintenant des abandons pour d’autres dépistages ou d’autres maladies demandant des frais (même minimes) sur une longue durée et il y a aussi des abandons pour résultats insuffisants en exposition !

  2. Patricia

    Depuis sa domestication le chien n’est plus et ne sera plus un animal libre. Même si il est heureux avec nous et que nous lui accordons certaines plaisirs, il dépendra toujours de nous et des décisions que nous prendrons pour lui. Il serait illusoir de penser que nos chiens acceptent 24/24 nos ordres et nos obligations avec le plus grand plaisir.

    Chacun devrait choisir son chien en fonction de ce qu’il en attend : Chien de travail, chien de famille, chien d’accompagnement dans un handicap… La relation ne peut être satisfaisante que lorsque le choix est bien fait et l’animal trouvera toujours une satisfaction à contenter son maître si tant est qu’il ne lui demande pas des choses totalement opposées à ses aptitudes naturelles.

    En contrepartie, nous leur apportons (en tous cas ça devrait être le cas pour tous) confort, soins, câlins et je l’espère une forme de communication satisfaisante pour eux et enrîchissante pour nous.

    • Bernadette

      C’est du bon sens mais malheureusement, l’humain accepte plus facilement les avantages que les contraintes occasionnelles et le chien devient un objet jetable.

    • Dominique Félix

      C’est une grande question, Patricia, que de se demander si on doit choisir un chien en fonction de ce que l’on en attend, ce qui implique qu’il soit adapté à notre mode de vie, ou au contraire de décider de partager notre vie avec un chien et d’adapter son mode de vie au sien…

      Il s’agit là de deux démarches totalement différentes, une différence qui signe peut-être une évolution de la place du chien dans notre société au cours des dernières décennies.

      Je me situe personnellement complètement dans la seconde catégorie… J’ai « sacrifié » ( un mot que je mets entre guillemets car c’est celui que tout humain a à sa disposition mais n’est pas vraiment celui qui me convient) bien des choses pour mon chien, mes chiens…. ou plutôt j’ai toujours tout adapté à notre vie commune, choix d’une région, des vacances, de l’habitation, de mes relations et même des activités professionnelles et encore plus au delà de ma situation familiale…Jamais je n’ai choisi et ne choisirai un chien en fonction de ce que j’ai envie d’en faire….
      J’ai opté pour le leonberg il y a cinquante ans, mais déjà avant je ramenais à la maison chez mes parents tous les chiens errants…Et quand j’ai acquis mon premier léo il y aura bientôt quarante ans, je ne l’ai pas pris pour qu’ils soit conforme à une certaine attente, ni pour qu’il soit adapté à ma vie mais c’est le contraire qui s’est passé et continue de se passer..Cela ne signifie pas que je cède à tous leurs caprices mais je ne cherche pas non plus à leur imposer les miens… car je les considère comme des membres à part entière de la famille , des égaux en droits en fonction de nos besoins et bonheurs respectifs ( et, je le concède, ce n’est pas toujours facile).

      Je voudrais également revenir sur le mot domestication? C’est comme le mot dominant, le mot soumis, un mot entièrement humain qui sous-entend une vassalisation de sa propre espèce sur une autre. Et derrière le mot vassalisation je vois poindre le mot hiérarchie et son corollaire, supériorité.
      C’est une vue qui pour moi ne correspond pas à ce qui a dû être la réalité. Les premiers échanges entre le chien sauvage et l’homme ont probablement été bien plutôt un partenariat, un échange de capacités entre deux espèces qui, sommes toutes, se sont entr’aidées…
      Il existe de par le monde de nombreux exemples de telles associations entre les espèces animales et végétales. On a tout récemment observé une tribu de singes associée sur un même territoire à des chiens errants parfaitement autonomes. Certains observateurs ont pu interpréter cette co-habitation comme « une domestication, une appropriation » d’une espèce par l’autre, bien évidemment la supériorité du singe sur le chien…Il s’agit bien davantage d’une répartition des tâches entre les deux espèces, les singes ayant la charge du ravitaillement pour l’ensemble de la colonie, singes, chiens et chats compris ( car il y aussi des chats), les chiens ayant la charge de défendre et protéger toute la colonie contre les intrus…les chats ayant probablement aussi une fonction dans cette organisation sociale…
      On ne peut s’empêcher de penser que ce schéma ( répété en plusieurs endroits) a dû être le même pour nos ancêtres canins et humains..
      C’est l’humain ensuite qui a instauré cette dérive vers le mot domestication puis utilisation…. avec tout ce que cela comporte de mépris sémantique… Il n’a pas pu s’en empêcher, comme de s’approprier tout ce qui vit et même parfois ses propres congénères…

      C’est donc une seconde grande question que de se demander si on doit se satisfaire de cette conception de nos rapports avec le chien et l’animal en général qui est la plus commune, ou si on ne devrait pas, au contraire, aborder ces réactions sous un angle nouveau et radicalement différent, et essayer peut-être de changer les mentalités.

      Merci à Bernadette d’avoir soulevé ce sujet et de nous avoir permis de nous exprimer.

      • Bernadette

        Merci pour votre commentaire, très intéressant.
        Pour ma part, je pense qu’il y a une grande différence entre ce qu’on aimerait faire, la façon dont on perçoit nos actes, et ce que l’on fait ou ce qui nous motive réellement.
        Je défends des idées, souvent proches des vôtres, intellectuellement parlant, j’aimerais me positionner dans la catégorie « décider de partager notre vie avec un chien et adapter notre mode de vie au sien… »
        Dans les faits, je suis bien obligée d’admettre que « choisir un chien en fonction de ce que l’on en attend, ce qui implique qu’il soit adapté à notre mode de vie » correspond mieux à la réalité.
        Mais, quel que soit la position que l’on prend, dans un premier temps, un minimum de respect vis à vis de l’animal et de reconnaissance pour les services qu’il nous a rendu me semble être ne me semble pas être de trop et malheureusement, cela ne fait pas partie du bagage de beaucoup de possesseurs de 4 pattes

  3. LE MAITRE SYLVIE

    Je pense que malheureusement l’humain est tellement persuadé de sa force, son intelligence, son savoir, sa supériorité sur tout ce qui vit (animaux, plantes, nature…) qu’il ne peut considérer les autres, c’est-à-dire tout ce qui lui est différent – que comme « inférieurs »…Il voit le monde sous un rapport de domination. Et même dans sa propre « race » – humaine – il faut qu’il cloisonne, qu’il catégorie, qu’il juge…SAINT-EXUPERY a écrit « différent de toi, loin de te diminuer, je t’augmente » ; il faudrait peut-être méditer là-dessus…
    Je viens d’avoir encore un exemple du non respect de l’animal concernant une de mes jeunes LEONBERG. IDEM 3 ans en février, avait été vendue bébé à des gens que je pensais « bien » pour elle. Finalement, au bout d’un an, ils l’ont mise en vente 500 EUROS sur LE BON COIN. Elle a été rachetée par des gens qui m’ont appelée pour avoir des infos sur la chienne et ses lignées… A peine chez eux, l’été dernier ils lui ont fait faire une portée. Admettons…
    Mais là, elle est de nouveau en vente pour 2000 EUROS (donc comme reproductrice possible). Je n’ai pas eu de réponse à mes mails… Elle est chez « un éleveur » du 47, vous pouvez aller jeter un coup d’œil sur chiens de France…
    Des amis les ont contacté et la réponse faite a été que 2000 EUROS c’était pas cher étant donné qu’elle allait avoir ses chaleurs, donc qu’elle allait rapporter de l’argent !…
    Je trouve cela scandaleux et montre bien le NON RESPECT de l’humain envers les autres et ^lus particulièrement « son animal de compagnie » !!!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.