Pendant la dizaine de jours qui vient de passer

Pendant la dizaine de jours qui vient de passer

Michel et moi

Nous ne pouvions plus écouter de CD, le lecteur étant bloqué par la poussière d’argile ultra fine projetée par les chiens. En désespoir de cause, nous avons décidé d’acheter un nouveau lecteur. J’ai regardé sur internet pour avoir une idée du prix et par la même occasion j’ai vu qu’il y avait une évolution au niveau des branchements avec les autres appareils. Pour éviter d’avoir à financer tout le système (ce qui n’est pas dans nos possibilités) j’ai demandé à Michel de débrancher l’appareil et de mémoriser les types de sorties pour acheter quelque chose d’identique. Au moment de le faire, Michel constate que les fils sont bloqués à l’arrière de la bibliothèque, il faut la bouger un petit peu, donc la vider complètement.

Europe participe intensément au travail de Michel

Un fois l’appareil sorti de sa niche, fichu pour fichu, j’ai décidé d’utiliser le souffleur pour chien. Puis, Michel l’a ouvert, vérifié qu’il n’y ait plus d’argile, rebranché et…cela marche! Pour les CD, problème identique, certains sont encrassés par la poussière d’argile et les poils de chiens. Là, pour un qui était devenu illisible, j’ai tenté ma chance : de l’eau, du liquide à vaisselle et trempage du CD pendant un moment, essuyage avec un chiffon doux et….tout fonctionne de nouveau.  Depuis, nous nous faisons une orgie de Bach, Haendel, Purcell et bien d’autres, toute la discothèque va y passer.

 

 

Les chats

Le temps se refroidit, les chats ont décidé de réintégrer notre chambre. Be Bop défend son territoire. Les explications sont nettes : les chaises, ma table de nuit, mon lit lui appartiennent mais elle accepte la présence de sa sœur et des chipies qui doivent avancer prudemment et lui faire des petits léchous sur la tête avant de s’installer à proximité.

 

 

Dièse est tolérée en fonction des besoins de chaleur. Cela va du « mets toi le plus loin possible » à « j’accepte ton dos mais tu ne me regarde pas »

 

Les léos dans le champ

 

 Don Gio

Il vieillit tout doucement. Le regard devient un peu flou. Le cerveau semble avoir, par moments, quelques difficultés à connecter les neurones, et, depuis peu, il lui arrive de glisser en voulant se lever. Tous les soirs, il veut dormir un moment chez les chats qui le voient arriver avec plaisir. C’est un moment de câlins, bisous, léchous, ronrons en se frottant contre lui. Vers 3 ou 4 h du matin, il veut réintégrer le groupe des léos.

 

 

Dehors, sous le préau, il y a des coussins et des couvertures qu’ils peuvent utiliser selon leur envie. J’ai remis une couverture en activité dans la pièce pour les moments de fraicheur qui arrivent. Quand Don Gio est fatigué, il profite de cet espace et Haendel s’installe à proximité, près à le soutenir si besoin.

 

Europe

Elle est dans une période stable. On dirait qu’elle a trouvé son espace physique et mental et elle y est bien. Elle est sociable avec les chiens, joue quelquefois avec Jolas, tolère Don Gio en vieux chien et Haendel en chien peu orthodoxe. Elle se montre très câline avec nous. Pourtant son épaule accidentée doit la faire souffrir car elle boite assez souvent et un des poignets commence à enfler.

 

 

Feedback

 Après sa forte réaction allergique aux puces, nous lui avons mis un collier Seresto pour le protéger, comme il en avait chez Alain. Je ne sais pas si cela a un rapport  mais son poil est redevenu sec.

Son caractère s’améliore ou il a pris un petit coup de vieux. Il est plus pondéré avec nous, il ne grogne plus quand je passe à proximité ou quand j’ai besoin de l’enjamber. Il n’y a aucune friction entre lui et les autres chiens (à part Haendel quelquefois). Malgré cela, lorsqu’il bloque le passage, tous les chiens, même Gluck, demandent notre intervention.

 

Gluck

Il a quitté ses 98 kg et ne pèse plus que 94 kg pour 87 cm au garrot. Cela lui a fait du bien.

 

Haendel

Haendel et les montgolfières

 Ces choses qui arrivent lentement et silencieusement dans le ciel puis qui envoient  brutalement un grand bruit de soufflerie au dessus de la tête des animaux. Certains s’habituent, d’autres non. Haendel fait partie de ces derniers, il est paniqué.

 Les chiens s’organisent autour de lui. Jarouska se met en protection. Sa position couchée est attentive et rassurante, comme une mère avec son chiot.

Jolas et Gluck surveillent à proximité. Chacun regardant dans une direction, attentifs mais couchés pour montrer qu’il n’y a pas un danger immédiat.

 

Quand le ballon arrive au dessus de leurs têtes

Jarouska se redresse mais ne change pas de place. C’est là encore un signal apaisant pour calmer l’angoisse de Haendel. Gluck et Jolas ne bougent pas, toujours pour la même raison. Un peu plus loin mais en dehors de la photo, Don Gio fait semblant de dormir. Ma présence calme avec mon appareil de photo en action est un complément rassurant. Haendel arrive à s’apaiser et ne se précipite pas complètement disjoncté sur le vitrage de la porte de la cuisine pour se mettre à l’abri. Les chiens ont fait du bon travail d’autant plus que la panique d’un seul peut être très contagieuse  et, Gluck, qui est un grand émotif, peut s’emballer brusquement.

 

Haendel et Don Gio

Quand Haendel, inquiet, se rapproche de la porte, Don Gio est là, très calme et cela l’influence positivement.

 

Le poil de Haendel s’est éclairci, le soleil? l’âge? les hormones, l’alimentation? je ne sais pas. Depuis que les montgolfières sont de retour, il se montre extrêmement attentif à tous les bruits.

 

 

 

 

 

Les petites Muyres

Rien a dire de particulier sur elles. Jolas et Jarouska sont deux chiennes bien équilibrées, en bonne santé, s’entendant avec tous les chiens et tous les humains mais capables de monter au créneau si  elles ont l’impression que j’ai besoin d’être protégée. Par contre, il ne leur vient pas à l’idée qu’un coup amical de leur popotin contre moi  peut me déstabiliser ou que le bonjour super démonstratif qui laboure ma jambe va laisser des traces pendant un moment.

Jarouska

 

 

Jarouska et Marie Do son éleveuse

 

Jolas

 

 

Pour trouver Jolas, il suffit de chercher les pommes.

 

Juliette

Nous avons eu la visite de leur sœur Juliette mais je n’avais pas l’esprit à prendre des photos. Conclusion, la plupart étaient floues ou mal cadrées. Tous les chiens sont partis en promenade. Europe et Feedback sont restés attachés. Europe pour qu’elle ne reprenne pas une ancienne habitude qui est de faire un piercing à l’oreille du chien invité histoire de lui expliquer sa place et Feedback pour éviter de créer des jalousies entre lui et Gluck  Comme les deux chiens ne rêvent que de Michel, rester près de lui n’était pas une punition. Il n’y a eu aucune tension entre tous les chiens, tous étaient satisfaits de leur place, même Haendel qui nous a accompagné, Marie Do et Jean Marc étant à son goût.

Marie Do et Juliette, Michel avec Feedback et Europe

 

 Baïka, la compagne de Juliette

L’automne qui approche, la fatigue, l’âge, tout cela m’enlève l’envie de poursuivre mon journal. Il sera épisodique pendant quelques temps, ensuite, je verrai !

Pour voir l’article dans le journal du Pli du Soleil

10/09/2017

18 Responses

  1. Reposez-vous beaucoup beaucoup pour continuer encore longtemps de nous donner de vos nouvelles à tous, quatre et deux pattes.

  2. Marie-Christine

    Merci pour toutes ces nouvelles. Prenez bien soin de vous deux aussi. Vos photos toujours aussi superbes cela fait du bien de voir vos chiens vivre tout simplement, dans cet environnement magnifique et adapté.

  3. Halphie Daffoddill

    Chere Bernadette…pour vous l’amoureuse des belles lettres. ..ci apres le texte d’un autre connaisseur….Bernard Pivot :

    « J’aurais pu dire : vieillir, c’est désolant, c’est insupportable, c’est douloureux, c’est horrible, c’est déprimant, c’est mortel. Mais j’ai préféré « chiant » parce que c’est un adjectif vigoureux qui ne fait pas triste.
    
Vieillir, c’est chiant parce qu’on ne sait pas quand ça a commencé et l’on sait encore moins quand ça finira. Non, ce n’est pas vrai qu’on vieillit dès notre naissance. On a été longtemps si frais, si jeune, si appétissant. On était bien dans sa peau. On se sentait conquérant. Invulnérable. La vie devant soi. Même à cinquante ans, c’était encore très bien. Même à soixante. Si, si, je vous assure, j’étais encore plein de muscles, de projets, de désirs, de flamme. Je le suis toujours, mais voilà, entre-temps – mais quand – j’ai vu le regard des jeunes, des hommes et des femmes dans la force de l’âge qu’ils ne me considéraient plus comme un des leurs, même apparenté, même à la marge. J’ai lu dans leurs yeux qu’ils n’auraient plus jamais d’indulgence à mon égard. Qu’ils seraient polis, déférents, louangeurs, mais impitoyables. Sans m’en rendre compte, j’étais entré dans l’apartheid de l’âge.
 
Le plus terrible est venu des dédicaces des écrivains, surtout des débutants. « Avec respect », « En hommage respectueux », Avec mes sentiments très respectueux ». Les salauds! Ils croyaient probablement me faire plaisir en décapuchonnant leur stylo plein de respect? Les cons! Et du « cher Monsieur Pivot » long et solennel comme une citation à l’ordre des Arts et Lettres qui vous fiche dix ans de plus!
 
Un jour, dans le métro, c’était la première fois, une jeune fille s’est levée pour me donner sa place. J’ai failli la gifler. Puis la priant de se rasseoir, je lui ai demandé si je faisais vraiment vieux, si je lui étais apparu fatigué. « Non, non, pas du tout, a-t-elle répondu, embarrassée. J’ai pensé que… » Moi aussitôt : «Vous pensiez que…? — Je pensais, je ne sais pas, je ne sais plus, que ça vous ferait plaisir de vous asseoir. – Parce que j’ai les cheveux blancs? – Non, c’est pas ça, je vous ai vu debout et comme vous êtes plus âgé que moi, ça été un réflexe, je me suis levée…– Je parais beaucoup, beaucoup plus âgé que vous? –Non, oui, enfin un peu, mais ce n’est pas une question d’âge… –Une question de quoi, alors? – Je ne sais pas, une question de politesse, enfin je crois…» J’ai arrêté de la taquiner, je l’ai remerciée de son geste généreux et l’ai accompagnée à la station où elle descendait pour lui offrir un verre.
 
Lutter contre le vieillissement c’est, dans la mesure du possible, ne renoncer à rien. Ni au travail, ni aux voyages, ni aux spectacles, ni aux livres, ni à la gourmandise, ni à l’amour, ni à la sexualité, ni au rêve. Rêver, c’est se souvenir tant qu’à faire, des heures exquises. C’est penser aux jolis rendez-vous qui nous attendent. C’est laisser son esprit vagabonder entre le désir et l’utopie. La musique est un puissant excitant du rêve. La musique est une drogue douce. J’aimerais mourir, rêveur, dans un fauteuil en écoutant soit l’adagio du Concerto no 23 en la majeur de Mozart, soit, du même, l’andante de son Concerto no 21 en ut majeur, musiques au bout desquelles se révéleront à mes yeux pas même étonnés les paysages sublimes de l’au-delà.
 
Mais Mozart et moi ne sommes pas pressés. Nous allons prendre notre temps. Avec l’âge le temps passe, soit trop vite, soit trop lentement. Nous ignorons à combien se monte encore notre capital. En années? En mois? En jours? Non, il ne faut pas considérer le temps qui nous reste comme un capital. Mais comme un usufruit dont, tant que nous en sommes capables, il faut jouir sans modération. Après nous, le déluge? Non, Mozart.  »

    .

    Juste pour vous…un partage de ce que nous vivons tous…

    Un petit air de philosophie. ..sur fond de musique classique…

    On adore vos nouvelles…toutes les nouvelles…on savoure…

    Bizhoux doux a toute la tribu !

  4. L’automne est une période de repli sur soi, d’envie de cocooning… Nous avons pris l’habitude d’un journal régulier, mais si il doit se faire un peu plus attendre, nous le lirons avec toujours autant d’intérêt et de plaisir
    Amicalement.

  5. josette, Just Earl

    le froid arrivé si brusquement, fait aussi que l’on a envie de se mettre dans notre cocon. Merci de ces nouvelles du Pli, et je me réjouis de les retrouver, même épisodiquement par le biais de votre blog. Je mesure bien le travail que donne déjà tous vos quatre pattes. et je remercie aussi votre amie Madame Daffoddill de ce chouette texte de Bernard Pivot.. il me convient aussi parfaitement. Bonne entrée dans l’automne à vous et à votre mari.

    • L’arrivée de l’automne, le départ des hirondelles, la santé en général…. beaucoup de choses qui peuvent influencer le physique ou le moral et les deux sont souvent imbriqués 🙂

  6. Qu’ajouter à toutes ces remarques que je trouve très justes ?
    Mon âge me fait aussi sentir plus durement le froid, la lumière qui décline, les petits tracas journaliers, mais j’apprécie énormément de vous retrouver sur le Journal du Pli, bien sûr nous nous adapterons à votre nouveau rythme.
    Reposez vous autant que vous le permet la vie très active que vous menez pour pendre soin de tous !
    Bien amicalement

  7. Bonjour Bernadette,
    Avec grand plaisir j’ai parcouru votre billet et j’ai admiré les photos de vos protégés. Ils sont choyés et vivent dans un bel environnement. Bien-sûr, j’imagine le travail demandé car parfois même si l’on aime beaucoup on s’essouffle.
    J’ai lu aussi les commentaires et les remarques si justes.
    C’est vrai qu’à l’automne parfois le moral en prend un coup …. Puis chez-nous cet été a été caniculaire et j’ai comme l’impression d’être essorée et bien fatiguée.
    Bon dimanche à vous deux.
    Un beau bonjour de Haute Provence

    • Dans ma région bressanne, les saisons sont moins contrastée mais les oiseaux soulignent le changement automnal. les mésanges sont arrivées en masse, j’entends encore les étourneaux, assez loin de la maison, ainsi qu’une multitude de nouveaux chants d’oiseaux dans les haies du champ. L’impression qu’un décor disparaît et qu’un autre se met en place

  8. tres belle lettre ;vous avez trouvez la solution economique et qui marche ;c’est super ;reposée vous ;avec les problemes de be bop ;cela vous a beaucoup fatiguée moralement et phisiquement ; les photos sont tres belles ; pleins de calins aux leos et des caresses aux minous

    bisous a tous les deux

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