19/02/2016

Vendredi 19 février 2016

Les tiques sont là, j’en ai enlevé une sur Haendel. Bon gré mal gré ou plutôt bon dos mal dos, il va falloir que je sorte l’étrille pour avoir accès rapidement à la peau des chiens au moment des câlins et que je puisse enlever les charmantes bestioles goulues.

Les trois mâles

Don Gio

L’essentiel de son nettoyage a été fait par le souffleur naturel,  le vent! Il a écarté les poils et fait voler le sous poil mort. Il me reste à faire les nœuds qui se développent dans la culotte et la queue, endroits de plus en plus feutrés au fur et à mesure qu’un chien prend de l’âge et reste couché plus longtemps. C’est aussi un endroit où la peau reste sensible et les chiens n’aiment pas bien mes interventions dans ce cas.

 

 

Pour la bavette, (heu…la crinière! ) c’est long à nettoyer, pas pratique d’accès, mais en général les chiens aiment bien et il y a rarement des nœuds à cet endroit.

  

 

Gluck

Comme pour Don Gio, le vent a bien travaillé, le poil est lustré naturellement.

 

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Haendel

Le troisième mâle, le plus jeune mais qui est devenu physiquement adulte. Il a été surnommé « tonton croquette » par Jo sur Internet et je trouve que cela lui va très bien.

 

 

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Sous l’œil, les balafres indélébiles faites par les chats quand Haendel ne comprend pas qu’ils  n’aiment pas les câlins à grands coups de tête affectueux.

 

Son regard en coin qu’il a toujours eu et qui prend ma mesure discrètement, ce qui me fait penser qu’il est moins neu-neu et plus opportuniste que je ne le crois souvent.

  

Au moment d’entrer dans le petit bois, j’ouvre la porte, Haendel a déjà passé sa tête, j’entends un miaulement. C’est Dièse, couché entre les racines d’un arbre, à 1 mètre de nous qui signale sa présence et surtout son droit d’être là, puisqu’elle ne se lève même pas. J’essaie de refermer la grille avant que le paquet de léos fonce sur elle. La tête de Haendel est là et bien là. J’essaie de lui demander de reculer mais il ne bouge pas d’un millimètre. les autres léos ont compris et les voilà courant le long du grillage pendant que Dièse continue tranquillement à expliquer qu’elle est là et qu’elle ne bougera pas, pas plus que la tête de Haendel dans l’ouverture de la porte.

Jolas a reconnu le miaulement de Dièse et elle l’a aperçue

Aussitôt son expression change. Elle est excitée, les oreilles remontent, les yeux s’arrondissent, la crinière gonfle, les poils de couverture des oreilles aussi, elle devient un « grand bébé heureux »

L’excitation  joyeuse du groupe et la conscience que ce n’est pas dangereux (Haendel a reconnu Dièse)  font que mon petit Haendel court se fondre dans le groupe et joue le meneur, ce qu’il a rarement l’occasion de faire en temps normal

 

 

 

Gluck le laisse faire, la situation actuelle n’en fait pas un concurrent vis à vis de sa position dans la meute.

 

Don Gio est très attentif

Blue s’agite comme une jeunette, et, comme d’habitude une petite Muyre n’est pas loin. Ici c’est Jarouska

 

 

Jarouska

 

 

 

 

 

 

 

Samedi 20 février 2016

Gluck dort profondément, étalé de tout son long à gauche de mon fauteuil. Haendel arrive côté droit, s’assoit lentement avec précaution (son dos doit lui faire mal) et me regarde fixement. Pour motiver une inter action, je lui demande par geste de se coucher mais j’aimerais qu’il agisse sans être trop démonstratif  pour ne pas déclencher une intervention pot de colle jaloux de Gluck. Mes doigts effleurent la truffe de Haendel, je le sens attentif. Je baisse doucement ma main vers le sol. Il réfléchit (les neurones cliquètent toujours très lentement chez lui). J’effleure de nouveau sa truffe et montre de nouveau la direction du sol. Il réfléchit intensément, puis, très lentement il déplace ses pattes avant pour prendre la position allongée. Nous n’avons fait aucun bruit, tout s’est fait dans la douceur et la lenteur. Je murmure des félicitations et j’entends…le fouet de Gluck qui bat la mesure alors qu’il est sensé toujours dormir.

Nous avons du passage le long du chemin ou le long de la route. Ce sont  souvent des promeneurs, des joggeurs, des gardiennes d’enfants ou des maitres en ballade avec leur chien. quelquefois un cavalier, plus rarement des chasseurs qui connaissent les réactions des chiens en meute et se montrent compréhensifs. Bien sûr, nos chiens courent le long du grillage, s’excitent, se bousculent et retournent leur frustration entre eux, profitant de ce moment pour régler des problèmes de position dans le groupe.  C’est aussi le moment où je compte mentalement pour savoir si nos finances tiendront la route après la visite qui peut s’ensuivre chez le vétérinaire.

Je comprends très bien que l’on puisse avoir peur ou se sentir agressé quand des chiens divaguent, alors, même si cela nous a coûté très cher, notre première action a été de mettre des clôtures tout autour du terrain pour que nos chiens soient en liberté sans interférer avec la liberté des autres. C’est vrai aussi que nous aurions pu choisir l’autre système utilisé par plusieurs des promeneurs qui passent, c’est à dire pas de frais de clôture, les chiens dans la maison et 2 promenades hygiéniques par jour.

Je comprends aussi que chacun à le droit de se promener, que « la route est à tout le monde » etc… mais, l’âge et la santé  de mes vieux chiens relancent à chaque fois mes réactions primaires de protection. Mon âge et ma santé font que mon seuil de compréhension  ou de tolérance des autres  baisse  et que je commence (ou continue?) à faire partie de ces  » cons de propriétaires qui n’accepte pas que mon chien dise bonjour aux leurs » ou à « ces propriétaires qui feraient mieux d’éduquer leurs chiens au lieu de les laisser se battre derrière leur grillage, moi, le mien, je lui impose de s’assoir de de ne pas bouger pendant que les autres s’agitent »

Depuis quelques temps, une dame, qui a l’air charmant, passe avec son petit chien blanc. Elle doit confondre l’excitation de nos chiens avec des envies de copinage, n’hésitant pas à stationner  plusieurs fois le long du grillage pour que son chien puisse converser avec les autres. Et, pour converser, il converse du bout de sa laisse dérouleur, n’hésitant pas à déposer abondamment ses messages odorants.

Mes chiens font la sieste dans la maison, tranquillement. De l’autre côté du portail cette dame est plantée et attend, avec, au bout de sa laisse à rallonge, son petit chien qui arrose (et plus) le devant de notre terrain. Elle attend que les « copains » de son chien ou supposés tels se manifestent? Ce qui ne tarde pas, avec, de la part des miens, un réveil en fanfare et de nouveau des bousculades et des bagarres de frustration et à la clé.

 Dans ces moments là je rêve, d’un portail oublié ouvert par inadvertance ! Puis, rapidement, je me dis qu’il y a des choses plus graves dans la vie.

Dans le monde, il y a des conflits, des incompréhensions, des réactions d’autodéfenses, des profiteurs, des moutons,  des personnes qui ne pensent qu’à elles, des personnes généreuses, des personnes qui ne demandent qu’à apprendre, qu’à savoir, d’autres qui resteront murées dans leur non envie de communiquer. Il y aura des septiques, des fanatiques, des hésitants, des « certains de leur droit »…..

En comparant avec le microcosme d’un vécu individuel, j’ai l’impression de retrouver les mêmes motivations au niveau fonctionnement général, ce n’est pas gagné. A moins que chacun, tout doucement fasse bouger un rouage pour changer l’engrenage général? .

Bon j’avais oublié les utopistes dans ma liste !

Les courses, les bousculades et autres stimulations ont accéléré la dégradation de Blue, elle a fait sa première chute de mamie et elle s’est retrouvée affalée  brutalement dans une grosse flaque de boue.

 Pour la rassurer, car son cœur battait la chamade, je lui ai mis un collier et une laisse et elle m’a suivie, collée contre moi avec Jolas inquiète qui tournait autour.

 Le groupe s’est resserré et nous sommes rentrés au pas de Blue avec des arrêts et des encouragements. Depuis, elle s’est couchée et elle dort.

Les autres chiens ont tous demandés à entrer. Ils ont respecté une distance de repos, même Haendel a compris qu’il fallait la laisser tranquille.

Pour voir l’article dans le journal du Pli du Soleil

19/02/2016

6 Responses

  1. Halphie

    J’adore le passage sur les promeneurs et particulierement celui savoureux de la dame et de son petit chien au bout de l’enrouleur…

    Mais si on faisait un film de science fiction en remplacant les chiens par des jeunes gens…est ce que la mamie laisserai sa jeune fille ou son jeune homme ou son vieux pepere a stationner devant les ebats humains muscles de la bande…dans une propriété privee…..
    Sans que ne volent dans l’air des quolibets…hihihi…

    Ou que l’on ne convoque la maréchaussée pour voyeurisme insistant…..hihihi

    ….Bizhoux pour Blue….

  2. Halphie

    J’ai oublié de saluer les magnifiques photos …dans le vent…avec un faible pour les tres beaux portraits de Haendel…merci !

    Vous etes mon point a l’horizon que je reve d’atteindre tant pour la communication Leo que pour la technique photo….♡

  3. Bénédicte

    Quant à moi, vos réflexions me rappellent l’agacement que je ressens quand je promène China, et que nous rencontrons au parc ou en ville, des chiens sans laisse que j’essaye d’éviter le plus possible. Les maîtres persuadés que leur chien restera à leurs pieds( mais bien-sur) et que de toute façon comme China est plus grosse, c’est à elle d’être sous contrôle. Les règlements sont forcément pour les autres…Et moi aussi je trouve ça de plus en plus difficile à accepter.

    • Bernadette

      Je comprends qu’une personne n’ayant pas d’animal puisse ne pas comprendre la gêne qu’elle occasionne, mais venant d’un possesseur de 4 pattes (au bout d’une laisse ou en liberté) c’est plus difficile à concevoir

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