09/08/2015

Dimanche 09 août 2015

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6 h du matin

Il fait encore sombre, il pleut en continu. La nuit s’est passée avec la même pluie mélangée au tonnerre qui éclatait de façon imprévisible. Les coupures de  live box suivent la présence de l’orage le long des lignes. Je ferme l’ordinateur et à la place j’avale un polar noir à l’ancienne « le grand sommeil » de Raymond Chandler  (1939) dans la traduction de Boris Vian (1948).

L’intrigue est  tarabiscotée, les personnages, le décor, les petites phrases  à l’emporte pièce ont fait école dans les films de gangsters et les romans noir mais j’ai eu du plaisir à lire le un livre dans lequel  déambule le détective intègre, alcoolique  et désabusé Philipp Marlow interprété par Humphrey Bogart et Robert Mitchum et celle de la femme fatale comme Lauren Bacall, le tout  dans le climat décadent de fin de prohibition

Quelques descriptions prises au hasard et à replacer dans le contexte de l’époque

  • « la pluie s’arrêta le temps de reprendre son souffle »

  • le « larbin »… »avait des yeux bleus au regard aussi lointain que possible »… « une voix sans timbre »

  • « je remontai discrètement ma mâchoire inférieure qui s’endormait sur ma poitrine…

  •  les plantes de la serre sont « une forêt de plantes aux vilaines feuilles charnues et aux tiges comme les doigts d’un mort frais lavés. Leur odeur était aussi pénétrante que celle de l’alcool qu’on fait bouillir sous un matelas »

  • dans une chambre luxueuse, « le blanc rendait l’ivoire sale par contraste et l’ivoire rendait le blanc cadavérique »

  • le patron d’une boite de jeu  »  avait l’air dur, pas de la dureté du dur de dur, mais plutôt celle du cavalier bien entraîné »…. « son vernis s’écaillait, laissant apparaître un dur bien habillé nanti d’un luger. Il n’aimait pas que je sois de son avis »

  • un malfrat : « des cheveux comme de la laine d’acier plantés assez en arrière découvraient une bonne surface de front tanné qui, superficiellement, pouvait paraître abriter un cerveau »

  •  pour un autre : »c’est en disant des choses comme ça qu’on attrape des fausses dents »

  • une femme   » avait une voix douce d’argent assortie à ses cheveux »… »sa main était petite et bien formée, différente de l’outil osseux de jardinage qui sert généralement de main aux femmes d’aujourd’hui »… »elle était  plutôt grande que petite, mais rien de la rame à haricots. Elle était mince, mais pas croûte rassie »

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Opaline

Avec un temps pareil, Opaline, notre chatte de 11ans,  pourrait revenir à la maison si elle est toujours en vie.

Chaque année, avec les beaux jours, elle disparait pendant plusieurs mois. Elle se signale au bout de 3 ou 4 mois, de préférence en pleine nuit, sur fond d’orage et de pluie drue,  crottée, trempée, hagarde et sauvage, posée sur un des piliers du portail,  poussant des miaulements déchirants. A ce moment là je suis la seule à pouvoir l’approcher, et encore, avec beaucoup de patience. Je lui prépare à manger son met préféré, un truc infâme à l’odeur forte et elle prend ses quartiers d’automne en dormant dans la maison et, par la suite, ceux d’hiver en dormant dans mon lit.

Chaque année, je pense que je ne la reverrai pas..

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Haendel

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Haendel s’affirme peut être un poil de trop

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Pour voir l’article dans le journal du Pli du Soleil

09/08/2015

6 Responses

  1. Laurence

    Les extraits sont succulents et donne envie de se ruer à la librairie !

    • Bernadette

      Il n’y a aucun doute, en lisant un deuxième ouvrage, je réalise à quel point le travail d’un bon traducteur est important. L’association Chandler/Vian est excellente.

  2. catherine

    j’ adore sa position sur le canape ; j’ espere que OPALINE rentrera bientot a la maison

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